Menu
Menu

Meet the residents : Justine Taillard, artiste plasticienne

Justine Taillard est artiste plasticienne. Basée à Bruxelles depuis 2017, elle développe une pratique d’installation et d’écriture. Son travail se penche sur la sphère domestique occidentale, qu’elle approche comme un théâtre où les matières se métamorphosent. Dans l’altération d’un espace comme dans les manipulations du langage, elle interroge ce qui est familier ou étranger, à la recherche d’une forme d’indéterminé. Ce mois-ci, elle a entamé une résidence de 6 semaines au Cityfab3, dans le cadre du réseau des Fablabs. Découvre avec nous son univers et son travail!
Quel est ton profil de maker ? As-tu toujours aimé fabriquer par toi-même?

Je parlerais d’un profil plus intuitif que technique… Je trouve que fabriquer par soi-même est une façon d’observer et de comprendre le monde autour de soi. C’est une façon d’entretenir la curiosité. Petite, je m’amusais  à recréer des intérieurs ; je bricolais avec des pièces de bois ou du papier sur lequel je dessinais du faux parquet. Aujourd’hui, mes “bidouilles” se font à l’échelle de petites maquettes d’espaces ou d’objets. En fonction des idées et des projets viennent ensuite les défis de faisabilité. C’est là que s’ouvrent aussi des collaborations avec d’autres artistes/concepteur.ice.s/makers. 

Parle-nous de ton/tes projet/s.

Pour cette résidence, je vais travailler avec l’accessoiriste Adèle Dendaletche et les graphistes Clara Sambot et Eugénie Bidaut sur un prototype de “chaussures-tampons”. Écrire en marchant ou en tapant du pied, c’est une idée que j’ai dans la tête depuis 6 ans maintenant, et que je concrétise étape par étape dans le projet performatif “COM(M)A”. J’y réfléchis sur le langage et sur l’errance à l’intérieur d’une société sélective/excluante, à partir de mon expérience de jeune diplômée face à “l’après école d’art”. C’est une manière de m’amuser des parallèles entre l’espace et la page, entre le corps et la lettre, entre le caractère et le character, et d’ébaucher – peut-être – un alphabet alternatif. 

© Justine Taillard – expérimentations graphiques, 2021

 

© Adèle Dendaletche – modèle 4.3.4, 2020

© Justine Taillard – Résidence artistique à la MAAC, 2021

© Milena Desse – captures d’écran de la vidéo « COMA », 2021

 

Comment es-tu arrivée dans un fablab ? Qu’est-ce qui t’a motivé à venir ?

J’ai d’abord débarqué au Cityfab1 accompagnée par Charlotte Hermant, une amie artiste et scénographe, il y a un peu plus de trois ans. C’était dans le cadre de mon projet de fin d’études. Je travaillais à l’époque sur une installation de presque 50 mètres carrés dans laquelle j’explorais les transformations de la matière bois et de ses motifs à la base du sol. Je souhaitais graver une citation sur une série de plinthes stratifiées, et grâce à la découpeuse laser du fab, ce fut chose faite en un temps record et pour un montant dérisoire… L’année suivante, j’ai complété la formation pour ladite machine, ce qui m’a permis de revenir régulièrement pour expérimenter la découpe. De quoi réaliser des maquettes et concrétiser des pistes de recherches. C’est de cette manière que j’ai consolidé ma méthodologie de travail. Au fil des collaborations, j’ai eu la chance de travailler avec la designeuse industrielle et ébéniste Alice Emery (de Maak & Transmettre), ce qui m’a permis de découvrir les locaux de la Micro Factory. En ce qui concerne cette résidence 2022, j’ai trouvé l’appel à projets sur les réseaux sociaux; je savais que la formule proposée avait toute sa pertinence compte tenu des besoins techniques de mon nouveau projet. Alors, j’ai tenté, et j’ai bien fait finalement 🙂

 

Quels sont pour toi les avantages de fréquenter un fablab?

L’accès aux machines des fablabs bruxellois a ceci de génial qu’il multiplie les potentiels de réalisation pour des tarifs très abordables. A partir de là, c’est un peu comme si tout était possible : inventer des techniques, imaginer des nouvelles matières ou documenter des processus de fabrication, concevoir ou amplifier des outils… Dans un véritable esprit de partage, le monde des makers concentre beaucoup d’inventivité. C’est réjouissant d’en être, de concrétiser des formes, de rencontrer des créatif.ve.s tout en acquérant une certaine autonomie de réalisation ! Le Cityfab3 héberge la fameuse découpeuse jet d’eau que j’espère bien tester un jour, et dispose aussi d’une grande découpeuse laser de 150 x 90 cm, bien pratique quand on travaille avec des supports plus larges. L’endroit, au demeurant très agréable et lumineux, a aussi l’avantage d’être à taille humaine : petite équipe donc plus d’attention pour le suivi des projets des un.e.s et des autres. Bonne ambiance en somme, bonus café illimité !

 

Quelle est ta machine (numérique) de prédilection ? Pourquoi ?

Pour le moment, très classiquement : la découpeuse laser. C’est celle qui m’a été le plus utile jusqu’à aujourd’hui, et qui le sera encore pour mon projet à venir compte tenu des matériaux à travailler (bois, cuir, plexiglas, carton, papier). C’est précis, c’est efficace, et puis c’est inspirant : j’ai une certaine fascination pour les formes en négatif qui restent sur la grille, ça m’a d’ailleurs donné l’idée de plusieurs pièces pour ma première exposition personnelle à la MAAC, en 2021.

 

Ton conseil à une personne qui n’est jamais venue dans un atelier partagé ? 

Ne pas avoir peur de la technicité puisqu’au fond, c’est l’idée qui sert de guide. Et surtout: ne pas hésiter à parler de son travail et des difficultés de fabrication avec les autres, parce que c’est comme ça qu’on trouve des solutions !

 

De futurs projets / machines ou techniques à tester?

En parallèle de quelques petits projets d’écriture, j’ai plusieurs idées qui gravitent autour du vêtement et de la parure sur lesquelles j’espère me pencher bientôt. Pour de la gravure sur pierre, je ferai sûrement appel à des savoir-faire artisanaux. Pour le travail textile, j’aimerais reprendre mon obsession des lignes du bois et décliner un motif sur un costume. Je me demande comment obtenir cet effet sur un tissu sans passer par l’impression par sublimation. Je songe bien sûr à la sérigraphie à base de produits moins polluants mais j’envisage aussi, pourquoi pas, l’élaboration d’un tissage bien spécifique dans l’atelier textile de la MicroFactory. A suivre. 🙂

© Marjolaine Abaléa, 2020

 

Découvrez le travail de Justine Taillard sur sa page Insta!

Toi aussi tu souhaites utiliser une découpeuse laser ? Découvre toutes les formations du Cityfab3 ici.

 



Meet the residents : Dewi Brunet, artiste plieur

Dewi Brunet est artiste plieur. Autodidacte, il pratique cette discipline depuis plus de quinze ans. Pratique encore méconnue, il considère le pliage comme une technique, un médium d’expression et un champ de recherche pluridisciplinaire. Ses projets artistiques se rencontrent aujourd’hui sur le rapport sensible au monde vivant et au robot. Ce mois-ci, Dewi a entamé une résidence de 6 semaines à la Micro Factory, dans le cadre du réseau des Fablabs. Découvre avec nous son univers et son travail...

Lire plus

Meet the residents : Justine Taillard, artiste plasticienne

Justine Taillard est artiste plasticienne. Basée à Bruxelles depuis 2017, elle développe une pratique d’installation et d’écriture. Son travail se penche sur la sphère domestique occidentale, qu’elle approche comme un théâtre où les matières se métamorphosent. Dans l’altération d’un espace comme dans les manipulations du langage, elle interroge ce qui est familier ou étranger, à la recherche d’une forme d’indéterminé. Ce mois-ci, elle a entamé une résidence de 6 semaines au Cityfab3, dans le cadre du réseau des Fablabs. Découvre avec nous son univers et son travail!

Lire plus

Meet the Makers : Design September edition

Portes ouvertes, expositions, conférences et workshops: autant d'opportunités de découvrir nos makers et leur travail durant Design September, le rendez-vous des passionnés de design bruxellois.

Lire plus

Meet the makers : Corentin Buchet, Menuisier Formateur

Corentin est un menuisier passionné par l'apprentissage et la transmission. Formé aux techniques traditionnelles, il complète sa palette d'outils avec le fraiseuse numérique. Cette machine lui permet de réaliser des projets complexes de manière précise et efficace. Découvre avec nous son univers et son travail!

Lire plus

Meet the makers : Sean Nachtrab, Ingénieur en Machine Learning

Cette semaine, Sean nous raconte son parcours dans les Fablab et comment les outils qu'il y a accumulé avec le temps lui sont utiles dans sa vie pro et perso!

Lire plus

Meet the makers : Owen Gray, ébéniste

Owen Gray est un jeune ébéniste passionné pour qui le travail du bois est devenu une véritable passion lui permettant d’exprimer ses besoins créatifs. Nous lui avons posé quelques questions pour qu'il nous parle de ses expériences dans les fablabs et autres ateliers partagés.

Lire plus

Meet the makers : Philipe Carron, customisation de guitares électriques

Philippe est un fidèle utilisateur du cityfab3 et de la découpeuse jet d’eau. C’est notamment grâce à elle qu’il découpe du métal et customise des guitares électriques d’exception ! Nous lui avons posé quelques questions sur son travail et son expérience au fablab.

Lire plus

Tutoriel DIY au Fablab – fabriquer un miroir en récup’

DIY : Produire des objets magnifiques à partir de chutes ? Avec de bonnes idées et à l’aide des machines qu’on trouve au fablab, c’est tout à fait possible. Dans ce DIY, je vous propose de réaliser un miroir personnalisé sur un support en marbre provenant des chutes d’une production que nous avons réalisé au cityfab 3 pour Rotor. Le miroir est une fin de collection qui retrouve toute sa noblesse grâce à la découpeuse laser.

Lire plus

Meet the makers : Charlotte Gigan, artiste plasticienne céramiste

Charlotte est une artiste qui a fait du travail de la terre son métier ! La céramique n’a presque plus aucun secret pour elle et aujourd’hui, elle nous raconte comment les machines numériques l’aident à fabriquer des outils et à créer des pièces uniques pour le Studio Biskt.

Lire plus

Le DIY aux cityfabs

Le DIY fait partie de l’ADN des makers. Ce plaisir de transformer de la matière en un objet, l’agréable sensation du travail accompli, les producteurs le connaissent bien. Cette tendance, revenue à la mode ces dernières années, ne fait que se développer et s’applique à de plus en plus de domaines. On trouve même aujourd’hui des tutoriels pour produire ses propres machines !

Lire plus